Manipulations, violences, domination, dénigrements, … On ne va pas se mentir, appelons un chat, un chat : les mères considérées comme toxiques sont pour la plupart des perverses narcissiques. Cette psychopathologie, chez les femmes comme chez les hommes, n’est pas reconnue comme une maladie mentale, mais comme un trouble de la personnalité ou une attitude relationnelle dysfonctionnelle, qui peut s’avérer être dévastateur.trice, voire dangereux.se pour celui ou celle qui la subi
Sommaire :
- 😵💫 « Capable de tout, coupable de rien », qu’est-ce que la perversion narcissique ?
- 🧛🏻♀️Les femmes perverses narcissiques moins nombreuses que les hommes ?
- 🤦🏻♀️ Qu’est-ce qu’une mère toxique ou perverse narcissique ?
- 🦹🏽♀️ Comment reconnaître une mère perverse narcissique ?
- 🗣️Comment se libérer d’une mère narcissique ?
😵💫 « Capable de tout, coupable de rien », qu’est-ce que la perversion narcissique ?
À la fin des années 1980, le psychanaliste Paul-Claude Racamier formalise pour la première fois le terme de perversion narcissique. Même si la perversion narcissique est passée aujourd’hui dans le langage courant, il n’en demeure pas moins qu’elle reste absente des classifications psychiatriques et est l’objet de controverses.
Selon le Dr Miguel Duarte, chef de clinique au service des spécialités psychiatriques des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG), « le narcissisme pathologique est une intolérance à se sentir vulnérable ou inférieur, compensée par une tendance à se montrer supérieur. La perversion est un mécanisme de relation qui consiste à nier la réalité de l’autre et à la transformer en ce dont on a le plus besoin « .
Ces deux traits de la personnalité, lorsqu’ils sont associés peuvent devenir destructeur pour les victimes. Les pervers narcissiques sont incapables de tolérer la critique et la différence chez l’autre. Ils vont chercher à contrôler totalement les interactions par la manipulation ou le dénigrement, dans le but de nourrir leur besoin de valorisation.
🧛🏻♀️Les femmes perverses narcissiques moins nombreuses que les hommes ?
Il est difficile de quantifier avec précision le nombre de femmes souffrant de perversion narcissique. Mais selon certaines études, les femmes atteintes de ce dysfonctionnement pourraient représenter environ 25% des cas. Le chiffre est à interpréter prudemment. Il est en effet plus difficile de reconnaître une femme qui souffre de perversion narcissique par rapport à un homme. Peut-être attend-on moins ce type de comportement de la part des femmes, ce qui rend le diagnostique plus complexe.
Les femmes sont-elles peut-être aussi moins visibles. Historiquement dans nos sociétés patriarcales, la perversion narcissique serait plus une domination masculine du fait d’une pression pour être forts et pour réussir. Ils n’étaient pas autorisés à se montrer vulnérables. Il peut également exister un biais culturel. On diagnostique en effet plus facilement un trouble narcissique chez les hommes, tandis que chez la femme, c’est le trouble « borderline » qu’on définit.
Avec le temps, le concept évolue. On reconnait petit à petit que certaines femmes peuvent être des perverses narcissiques, avec leurs partenaires et/ou avec leurs enfants.
La construction de la personnalité perverse narcissique peut trouver son fondement dès l’enfance aussi bien chez les femmes que chez les hommes. En effet, la perversion se construit très tôt dans la vie à partir des interactions familiales. Elle peut parfois être provoquée par des croyances familiales absolues.
🤦🏻♀️ Qu’est-ce qu’une mère toxique ou perverse narcissique ?
On est d’accord que le rôle des parents est de donner aux enfants la force de croire en eux-mêmes et en leur capacité à réussir dans la vie. La mère joue d’ailleurs un rôle prédominant dans cet accomplissement. Mais il existe des mères qui, atteintes du trouble de la personnalité narcissique, prennent un malin plaisir à faire vivre un enfer à leurs enfants.
Dans son besoin de tentative de réparation de sa propre enfance, la mère toxique peut adopter un mécanisme de compensation. Inconsciemment, elle se venge de ce qu’elle a ressenti étant petite fille, notamment dans sa propre relation avec sa mère (manque d’affection, désintérêt, forte exigence, …). Au contact de son enfant, la mère toxique se place dans un scénario narcissique, égocentrique et narcissique. Les enfants sont là pour la satisfaire et leur travail consiste à tenter de rendre leur mère heureuse (ce qui est rarement le cas).
- Elle considère son enfant comme le prolongement d’elle-même en s’attribuant le mérite de la réussite de son enfant ou en le réprimandant en cas d’échec de celui-ci.
- Elle monte les frères et sœurs les uns contre les autres pour créer une rivalité. Elle veut que ses enfants se battent pour obtenir ses faveurs et sa reconnaissance.
- Elle ne respecte aucune limite pour humilier son enfant.
- Elle critique son enfant au moindre écart ou faux pas.
- Elle veut que ses enfants soient en admiration devant elle.
- Elle est insensible aux besoins de ses enfants et refuse de s’impliquer émotionnellement dans leur vie.
- Elle est en compétition avec ses enfants. Surtout avec les filles, elle peut être jalouse de leur jeunesse ou de leur beauté.
- Elle ne traite bien ses enfants qu’en public et joue le rôle de la mère parfaite. Pour cette raison, les gens ont du mal à croire qu’elle est maltraitante.
Ma mère me dénigrait sans arrêt en me traitant de bonne à rien
« Elle me dénigrait sans arrêt, en me traitant de bonne à rien et en me comparant à mes amies », témoigne Élise. « Elle n »était jamais satisfaite de mes actions, alors que je voulais tellement lui faire plaisir et qu’elle m’aime. J’essayais tout ce que je pouvais faire du haut de mes dix ans. Mais rien n’y faisait. Elle continuait à me rabaisser. «
Dans le livre « Des trous dans les chaussettes », paru aux Éditions Maïa, l’auteure dépeint la relation destructrice et toxique entre une mère et sa fille cadette de huit ans.
« Des trous dans les chaussettes », Éditions Maïa.
🦹🏽♀️ Comment reconnaître une mère perverse narcissique ?
La mère perverse narcissique est égocentrique, séductrice et manipulatrice. Son besoin d’être au centre de l’attention ne change en rien son nouveau statut de mère. Dénuée d’empathie et de tout sentiment, les notions d’amour, de joie ou encore de sécurité lui sont inaccessibles. Elle déverse ses rancœurs sur ses enfants et exerce une emprise redoutable sur son enfant qui n’a pas encore appris à distinguer le bien et le mal.
- La mère dominatrice exerce un contrôle permanent et une autorité abusive sur son enfant. Elle fait tout pour qu’il ne soit pas autonome et indépendant, de peur qu’il ne s’éloigne de sa domination. Elle justifie cette emprise comme un moyen de protéger son enfant des autres.
- La mère défaillante ne répond pas ou partiellement aux besoins fondamentaux de son enfant (le nourrir, lui offrir un logement décent, le protéger de dommages physiques et émotionnels, l’éduquer, l’aimer et lui porter de l’attention). Elle peut être souvent absente ou présente mais incapable de subvenir aux besoins de son enfant, trop occupée à penser à elle ou emprisonnée dans des addictions (alcool, drogues…). L’enfant endosse alors le rôle de parent pour lui-même et/ou pour sa propre mère et malgré lui des responsabilités d’adulte.
- La mère violente exerce une violence physique (coups ou abus sexuels) et/ou psychique sur son enfant. Les punitions, souvent injustifiées, s’accompagnent toujours de coups, de gifles ou de fessées. S’ajoute à cela de la violence verbale (critiques, humiliations, commentaires dégradants, insultes, dénigrements, …).
- La mère intrusive est trop étouffante. Elle s’immisce dans la vie de son enfant (soi disant dans son intérêt) sans aucun scrupule et considère qu’elle a tout les droits (visites sans prévenir, intervention dans ses relations amoureuses, professionnelles et amicales, appels téléphoniques et des messages incessants, …).
- La mère rivale considère son enfant comme un concurrent, surtout à l’encontre de sa ou ses filles. Elle peut être très jalouse. Si la mère rivale n’a pas eu une enfance heureuse ou si elle n’est pas épanouie dans sa vie acruelle, elle va trouver injuste que sa fille s’épanouisse et va critiquer un certain nombre de ses qualités (beauté, aisance relationnelle, réussite scolaire…).
Ces différents profils ont en commun l’emprise exercée sur l’enfant.
🗣️Comment se libérer d’une mère narcissique ?
Inutile d’essayer de la faire changer, ça arrive très rarement. Mieux vaut se focaliser sur soi-même, faire passer ses propres besoins avant ceux des autres, et sur la façon dont on va se « désintoxiquer » de son emprise. La mère perverse narcissique est sans doute la relation la plus toxique et la situation la plus importante qu’on peut subir psychologiquement. Une fois devenu adulte, il est souvent difficile de prendre conscience que la construction de son identité ne s’est pas opérée comme les autres. Il/elle a tendance à manquer de confiance en lui/elle, à faire passer les besoins des autres avant les siens, à s’excuser alors qu’il/elle n’est pas fautif.ve, à s’auto-dénigrer, s’auto-détruire ou encore à s’auto-saboter professionnellement, …
Il/elle survit en état d’hypervigilance, développant des symptômes liés à l’insécurité ressentie depuis le début au contact de sa mère : maux de tête, de ventre, troubles alimentaires, hyperactivité mentale ou physique, addictions, incapacité à s’engager dans une relation affective, contrôle excessif, isolement et phobie sociale, dépression, crises de colère ou de panique, …
Caroline a été victime de sa mère et plus tard de son ex-conjoint et père de sa fille : « Je n’ai réalisé que ma mère était une perverse narcissique que des années plus tard, lorsque j’ai compris que j’étais retombée dans les griffes d’un pervers narcissique qui est devenu le père de ma fille », explique-t-elle. « Aujourd’hui, je n’ai plus de contact avec elle. Après avoir tout tenté pour m’entendre avec elle, c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour m’éloigner de son emprise. Je fais attention à ma fille qui a aussi un père pervers narcissique et je lui donne comme je peux les clés pour se protéger de lui« .
Christine Calonne, psychologue psychothérapeute, présente dans cette vidéo quatre étapes pour se libérer de l’emprise et rétablir des relations sécurisantes avec soi et avec autrui.
1. La prise de conscience de la dépendance, des micro-violences et de la manipulation.
2. La révolte contre le sacrifice de soi et la domination.
3. Le recentrage sur son identification et la satisfaction de ses besoins pour reconstruire son identité.
4. Se relier à autrui par la conscience de soi, dans l’autonomie et l’interdépendance.
On peut aussi se maîtriser en présence de sa mère, rester calme et respectueux, ne pas répondre à ses provocations pour faire sortir de ses gongs. Une autre manière plus radicale de se désintoxiquer de sa mère est de prendre de la distance, de couper les ponts et de ne plus communiquer avec elle. Et ce sans aucune culpabilité. Il peut s’agir de survie pour certains…
➡️ Pour aller plus loin : www.pervers-narcissique.com
Quand la femme est toxique, le mari peut aussi être atteint.

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